
Si la qualité de la formation des développeurs informatiques
du Maroc, du Vietnam ou de l'Inde est souvent comparable à celle
de leurs confrères européens, les niveaux de salaire sont bien différents.
Il n'est pas rare qu'un développeur vietnamien perçoive un traitement
10 à 12 fois inférieur à celui d'un développeur occidental !
Cette différence attire bien des convoitises. De nombreuses entreprises
sont ainsi tentées de recalculer le coût d'un développement avec
cet écart de salaire. Les choses ne sont pourtant pas si simples.
Ce qui modère les économies réalisées par la délocalisation
du développement, c'est l'importance nouvelle de l'encadrement.
En France, on considère généralement que celui-ci représente au
plus 30 % du coût total du développement. En offshore, cette proportion
monte jusqu'à 60 %, voire 70 % !
En effet, l'éloignement des équipes de développement impose un
surcoût dans la préparation du projet, ainsi que dans le suivi du
travail effectué. Les différences de culture et de formation compliquent
encore la tâche du donneur d'ordres.
Pour faciliter la collaboration, il est essentiel de désigner
les membres de l'équipe offshore chargés des échanges avec l'équipe
d'encadrement.
Avec ce développement à moindre coût, un éditeur de logiciels
peut proposer des déclinaisons de ses produits à des tarifs particulièrement
attractifs.
Il peut aussi consacrer ses propres équipes à des développements
plus complexes et plus stimulants.
Comme pour toute production industrielle, la délocalisation
du développement n'est pas une solution parfaite.
On ne peut pas confier tous les types de développement à des
équipes offshore, parfois pour des raisons de confidentialité, parfois
parce qu'il est plus simple de le réaliser localement.
Il existe aussi le lourd problème de l'espionnage industriel.
On sait que certains pays sont peu regardants avec la notion de
propriété intellectuelle.